Clémence Roy-Darisse
«Désobéissances» (titre en chantier) nous plonge dans la tête d’une jeune activiste pourle climat, emprisonnée après un acte de désobéissance civile climatique. Après avoir saboté un pipeline qui menaçait de rendre impotable l’eau du fleuve Saint-Laurent, la
jeune femme est arrêtée pour avoir troublé la paix. Puis, dans un dialogue serré, qui se veut à la fois comique et poignant, la pièce explore comment deux personnages que tout oppose : un policier et une activiste; en viennent à bâtir une relation propice à la confidence.
Inspiré par le rythme et le ton de «how to blow up a pipeline» ou encore «les justes» d’Albert Camus, la pièce pose notre question de la justice aujourd’hui. Alors que des compagnies saccagent quotidiennement notre avenir, quels gestes sont légitimes pour se défendre ? Qu’est-ce que la justice dans ce système légal actuel qui criminalise de plus en plus les militants en environnement ? La pièce oppose le pragmatisme confortable de notre époque et l’idéalisme d’une sortie du monde capitaliste écocidaire dans lequel on se trouve.
Il veut la condamner à tout prix et obtenir le nom des complices pour ajouter à ses griefs. Elle vient d’un monde ACAB, où les autres activistes forment sa plus grande famille, qu’elle doit protéger à tout prix. Désobéissance est un duel tendu, où chaque personnage tente de défendre sa vision du monde jusqu’au bout. Un huis colos mêlant
thriller, comédie noire et combat de boxe. Des dialogues coups de poing dévoilant deux visions de la justice qui s’entrechoquent, se froissent, jusqu’à abîmer leurs certitudes.