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Écrire la contagion de l'autre : entrevue avec Talia Hallmona

Récipiendaire du Prix Louise-Lahaye en 2015 pour sa pièce Moi et l'autre, présentée à l'ouverture du Festival l'an dernier, la pétillante auteure Talia Hallmona est de retour cette année pour y présenter sa pièce Olivier et Jamila dans le cadre des laboratoires de création de la RTA, mais aussi à l'occasion de la Vitrine Laval. C'est avec passion qu'elle nous a parlé de ce qui inspire son travail d'écriture théâtrale.

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Quelle genre d’adolescente étais-tu?

J’étais une ado qui avait un problème énorme avec l’autorité (et je suis une adulte qui a un problème énorme avec l’autorité!) J’aimais m’habiller en jeans troués et en chemises à carreaux, c’était la mode dans le temps. J’aimais beaucoup la poésie et j’étais dans l’option musique. Je jouais de la guitare classique et électrique. C'est en secondaire V que j’ai découvert le théâtre. Il y avait une option art dramatique à Horizon-Jeunesse et on présentait nos spectacles à nos parents à la fin de l’année. Mon premier rôle a été celui du grand méchant loup dans Les Héros de mon enfance de Michel Tremblay. Je faisais aussi partie du conseil étudiant de mon école. Je représentais les secondaires V et je faisais beaucoup d'activités parascolaires, d’improvisation et d’animation. J’étais une ado qui croyait en la justesse des choses.

Tu as étudié en interprétation à l'École nationale de théâtre alors comment as-tu commencé à écrire du théâtre?

J'ai eu envie de raconter une histoire qu’on ne racontait nulle part. C’est grâce aux adolescents que je me suis mise à écrire. J’ai eu l’occasion de jouer dans la pièce S’embrasent de Bluff, une production destinée aux adolescents qui a tourné pendant 5 ans partout au Québec et en France. À travers cette production, on m’a demandé de faire de la médiation auprès des adolescents. En parallèle, j’ai connu la RTA, et on m’a engagée pour faire des rencontres préparatoires et de la médiation. J’ai rencontré des ados complètement intégrés, de couleur basané comme moi, noirs ou avec les yeux bridés, bref, de toutes les origines autres que “de souche” - pour ce que ça veut dire aujourd’hui -, et qui parlaient le québécois. Ils n’avaient pas d’accent étranger. Ils vivaient en québécois. Puis, je rencontrais aussi des jeunes québécois de souche qui connaissaient l’Égypte, des mots arabes et des mets arabes que je ne connaissais même pas. En rencontrant tous ces adolescents, mon envie d’écrire cette histoire s’est confirmée et, finalement, j’ai écrit une pièce de théâtre. J’avais envie de parler de ce que j’appelle “la contagion de l’autre”! Puis, je me suis rendue compte qu’il y avait plein d’autres histoires que je voulais raconter, que j’avais une pulsion de dire, d’organiser et de mettre en scène quelque chose qu’on ne raconte pas. Et de me questionner : pourquoi est-ce qu’on ne le raconte pas? Pourquoi est-ce que je ne le vois pas sur scène? Dans mon temps (rires!), on était peut-être quatre à mon école secondaire qui venaient d’ailleurs et aujourd’hui, surtout à Laval, c’est complètement différent. À certains endroits, 80% des jeunes sont des immigrés ou sont issus de l’immigration. C’est une autre réalité. Le jeune québécois et le jeune maghrébin se voient tous les jours à l’école, alors ils sont amis. Et le jeune maghrébin a le kick sur la jeune québécoise! Je le vois, c’est là…

L’amour interculturel est le thème central de ta prochaine création, Olivier et Jamila, et tu as fait un travail au préalable avec les ados particulièrement pour écrire cette pièce. Qu’est-ce que cette expérience a apporté à ta démarche artistique?

Avoir leur vision à eux me déstabilise, me bouleverse et me met à jour parce que leur réalité fait en sorte qu’ils sont rendus beaucoup plus loin que moi puisque je n’ai pas vécu le multiculturalisme à l’école. Par exemple, dans une classe, il y a des gens de la Gaspésie, des jeunes de Montréal, de Ste-Anne-des-Plaines, d’Haïti, du Japon, etc. Cette classe est unique et elle le sera pour toujours. En plus, parmi ces jeunes, certains ont des parents parfois complètement intégrés, parfois pas du tout. Je me suis rendue compte qu’il y a une multiplication de point de vue. Il y a des parents qui ont peut-être préservé les valeurs et traditions de leur pays d’origine, mais leurs ados vivent ici. Alors, même si leurs parents leur parle de leur pays d’origine, ce n’est pas la réalité: ce n’est pas la “vraie” Grèce, la “vraie” Italie, la “vraie” Égypte.

Le point de départ d’Olivier et Jamila est tiré d’une situation que j’ai vécue en médiation. Je leur posais des questions à partir de plusieurs axes du multiculturalisme dont l’un était l’amour interculturel. Je demandais à un jeune québécois : est-ce que tu pourrais tomber en amour avec une haïtienne? Et puis il me répondait... Un jour, j’ai demandé à un jeune qui vient d’ailleurs, est-ce que tu tomberais en amour avec une jeune québécoise?” Sans hésiter une seconde, il m’a répondu “non, jamais”. Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu : “c’est impossible, on est trop différents, on n’a pas la même culture, on n’a pas la même religion, on n’a pas les mêmes valeurs, donc ça n’arrivera jamais”. C’est une réponse très forte avec tout ce qui se passe aujourd’hui. J’ai donc décidé de mettre en scène un amour interculturel, qui est peut-être impossible. Il y a deux choses que j’aimerais faire à travers ce texte. La première, c’est d’explorer et de donner un espace au personnage d’une jeune fille voilée qui habite au Québec et, la deuxième, c’est de mettre en scène deux jeunes qui tombent amoureux, cette jeune fille voilée et un jeune québécois de souche. Dans mon écriture, je ne veux surtout pas perdre de vue la multiplicité des points de vue et je veux lui donner un espace qui est la scène, le théâtre. Alors, l’apport des adolescents, à ce texte en particulier, est énorme.

Qu’est-ce qui te motive à créer pour les ados?

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Leur intégrité. Ils sont vrais et ça me pousse à écrire vrai.

Qu’est-ce que la RTA représente pour toi? Est-ce que la RTA a fait une différence dans ton parcours artistique?

Complètement! D’abord, la médiation, c’est un véritable terrain de jeu. Ça te donne la possibilité d’explorer. Même si c’est le processus de création d’un autre, il reste que c’est le médiateur qui a le premier contact avec les futurs spectateurs. Et puis, j’ai eu la chance d’ouvrir le Festival l’année dernière avec mon propre spectacle, Moi et l’autre, et on m’a donné l’occasion de faire les médiations de mes propres spectacles.  Il y a quelque chose dans l’affranchissement qui a été énorme pour moi cette journée-là. Jouer, être accueillie et avoir la liberté de faire mes propres médiations chez nous, à Laval... On a embarqué avec moi  et j’ai vécu la totale! C’était une journée exigeante, mais du point de vue de la croissance, l’apport est considérable en tant qu’artiste parce qu’on te questionne sur ton travail. C’est pratiquement une résidence! La RTA, c’est un espace de réflexion et une chance qui nous est donnée de changer la vie de quelqu’un. Et la RTA représente la première de mes valeurs: l’intégrité.

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Transposer le monde, ensemble : entrevue avec Benoît Vermeulen

Cofondateur et codirecteur artistique du Théâtre Le Clou, compagnie ayant présenté pas moins de 12 pièces et chantiers de création au Festival depuis son avènement en 1996, c’est avec joie que Benoît Vermeulen a accepté la présidence d’honneur du comité du 20e anniversaire de la RTA. Rencontre précieuse avec un amoureux du théâtre et de la création collective.

Quel genre d’ado étais-tu?

Je n’étais pas du tout un ado révolté et je n’ai pas fait de « crise d’adolescence ». J'étais plutôt un ado qui avait beaucoup d'espoir. J'avais envie de tout, j'étais un ado de « gang » qui aimait les expériences et l’aventure mais, en même temps, j'étais premier de classe. Je me dirigeais en médecine sans trop me poser de questions, juste parce que j'étais bon dans cette façon-là d'apprendre. Aujourd'hui, j'ai l'impression que je suivais un chemin déjà tracé.

Est-ce à l’adolescence que tu as découvert le théâtre?

Oui, j'étais en secondaire IV quand j’ai vu ma première pièce de théâtre. C'était une troupe amateur de Laval qui passait à mon école, Horizon-Jeunesse. Des ados et des adultes se partageaient la scène. Ce n’était pas une compagnie professionnelle, mais c'est vraiment là que j'ai eu une révélation, celle que la vie ne s'arrête pas à une vision du monde préétablie ou plus « organisationnelle ».  J’ai vu la possibilité de transposer le monde... À vrai dire, ce n’est pas le contenu de la pièce qui m'a marqué, mais l'idée même du théâtre, celle d'être ensemble dans une salle pour voir une pièce.

Cet événement a-t-il fait en sorte que tu as choisi une carrière théâtrale?

Oui, c'est tellement bien tombé! À ce moment-là, il y avait une gang qui faisait tourner une pétition pour qu'il y  ait une option théâtre en secondaire V. Au départ,  je m'en allais en biologie, puis en fin de compte, j'ai vu la pièce et j’ai fait l'option théâtre. J'ai quand même étudié en science de la santé au Cégep puis, à l'université, j'ai été accepté en médecine ET en théâtre. Mais j'avais besoin de prendre une pause de la médecine... et la pause dure depuis 30 ans : un bon grand break !

Qui a le plus influencé ton parcours artistique?

Travailler avec Gervais Gaudreault et Suzanne Lebeau au Carrousel m'a beaucoup formé au niveau de la mise en scène et de la réflexion autour du théâtre pour enfants. Ouvrir le contenu des pièces à des sujets et des domaines anticonformistes, considérer que les enfants et les adultes se partagent le même monde et souhaiter rencontrer ce public comme l'artiste que tu es, sans censure, sont des idées qui m’ont fortement influencé. J'ai été de cette école-là, mais en même temps je faisais également partie du Groupe multidisciplinaire de Montréal, un groupe de recherche très éclaté associé au post-modernisme new-yorkais. En fondant le Théâtre Le Clou, j’ai voulu rassembler ces deux visions très différentes. Avec Jusqu'aux os, la première pièce que j'ai montée, je voulais joindre l'éclatement formel et le questionnement sur ce qu’on doit dire aux ados et comment on devrait leur  dire. J’ai également été très influencé par le théâtre flamand. Je suis un amoureux de Platel. Je me souviens avoir été marqué par une pièce qui s'appelait Mère et enfant - programmée aux Coups de Théâtre à l’époque - qui a révolutionné ma façon de voir ce qu'on pouvait montrer et faire pour les enfants. C'était éclaté, complètement audacieux, déjanté et, en même temps, très profond et ludique. Je me suis tout de suite reconnu dans cette forme-là.

Au Théâtre Le Clou, vous travaillez collectivement en testant trois étapes de création auprès d’un public adolescent. Qu’est-ce qui vous inspire cette démarche particulière?

Quand je disais que j'étais un ado de gang, c'est un peu pour ça! Je n'ai jamais monté de textes déjà écrits au Clou; je veux faire en sorte que la forme influence l'écriture de l’auteur. Même la première pièce Jusqu'aux os, on avait présenté une étape. Parfois, je me demande pourquoi je fais ça parce que c'est quand même difficile de se mettre dans l'eau bouillante à un moment où l'oeuvre est si fragile, mais ça nous permet d'avoir un échange significatif avec les ados et ça nous ramène aux raisons pour lesquelles on a envie de s’adresser à eux. Ça nous permet aussi de faire le point, toutefois c'est exigeant et ça prend beaucoup d'humilité. Il ne faut pas devenir paranoïaques! Ces étapes nous obligent à faire de l'ordre dans ce qu'on a recherché pour prendre du recul et avancer. Et, bien souvent, dans ces contextes-là, les ados sont généreux.

Qu’est-ce qui te motive à créer pour les ados?

Notre mandat au Théâtre Le Clou, c'est de rencontrer le public ado. C’est notre point de départ : je vais chercher un auteur dont je pense que l'écriture et les propos peuvent rejoindre les ados. On ne se demande pas ce que les ados veulent, mais plutôt ce qu’on a le goût de leur dire à travers l’œuvre qu’on est en train de créer. Évidemment, le public ado est complètement différent! Ça, c’est sûr! Je ne peux pas dire que l’énergie générale des ados est agréable dans une salle quand ça ne va pas bien... C’est un des publics les plus difficiles. Mais je me rends compte que ma pulsion artistique vient de mon adolescence. Il y a quelque chose de précieux dans cette période-là, un rêve d’absolu que  j’entretiens en faisant ce que je fais et qui me perturbe, car j’ai l’impression de toucher à quelque chose d’essentiel. C’est pourquoi les individus adolescents me touchent et m’inspirent énormément.

Qu’est-ce que la RTA a apporté au parcours artistique du Théâtre Le Clou?

La RTA et le Théâtre Le Clou sont des partenaires depuis le début. On est comme des frères. La RTA partage avec nous la conviction de l’importance de l’art dans la construction de l’individu et dans la formation de son identité et je crois en cette mission de sensibilisation. La RTA c’est un carrefour qui porte bien son nom de « Rencontre ». On a vraiment l’impression que c’est à la RTA que tout ce qui se réfléchit et qui se fait pour les ados s’y retrouve. C’est comme un repère. Et puisqu’on sait que la RTA est là pour rassembler et provoquer les échanges, on est heureux d’y participer. Rencontrer les autres nous influence et crée un écosystème stimulant pour la création. D’autres gens vont arriver, on va pouvoir réfléchir ensemble et avancer. Je vois la RTA comme un soutien artistique, un refuge et un complice. Souvent les projets sont encore en chantier quand ils sont programmés et d’avoir leur confiance et un amour presqu’inconditionnel de leur part, ça fait du bien. 

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Réfléchir et partager autour de la création théâtrale pour ados

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Le 20e anniversaire de la RTA est l’occasion de mettre en lumière le formidable travail, le talent remarquable et la créativité foisonnante des artistes lavallois. Quatre compagnies de Laval sont en vedette cette année durant le festival. Le Théâtre Bluff présentera la pièce Les Haut-parleurs, tandis que le Théâtre Incliné, compagnie spécialisée dans le théâtre d’ombres, proposera La Morsure de l’ange. Les ados auront également le privilège d’assister aux chantiers de création de deux compagnies lavalloises émergentes, soit le Théâtre Fêlé et le Théâtre Tombé du ciel.

Cette Vitrine Laval, présentée les 18 et 19 avril, permettra également d’ouvrir un espace de réflexion sur des pratiques exemplaires quant à la collaboration diffuseurs-producteurs dans les spectacles jeunesse, ainsi que sur les spécificités culturelles lavalloises. Deux tables rondes professionnelles sont au programme, réunissant des acteurs des milieux artistiques québécois et internationaux, politiques, ainsi du milieu de l’éducation oeuvrant sur les territoires de Laval, Montréal et ses environs.

 


 

Centrer (ou recentrer) la culture dans la périphérie

Discussion animée par Alexandre Cadieux

Vitrine Laval - première table de réflexion 

18 avril à 13h30

Le rayonnement des artistes professionnels sur les territoires environnant les grands pôles est un défi majeur pour les diffuseurs et organismes culturels. Cette première table ronde ouvrira le débat sur les questions de construction et d'affirmation d'une identité culturelle "locale", sur la rétention et l'accompagnement des artistes ainsi que sur les enjeux liés au développement d'un public attiré par la métropole. 

Avec :

  • Marianne Coineau - Conseil régional de la culture de Laval
  • Lysane Gendron - Bureau des arts et de la culture de Laval
  • Talia Hallmona - Théâtre Fêlé
  • Christian Poirier - Centre Urbanisation Culture Société de l'Institut national de recherche scientifique

Producteurs / Diffuseurs : partage de réalités

Échange animé par Fabienne Cabado

La RTA accueille, en collaboration avec TUEJ, une étape du Chantier sur la diffusion initié par des compagnies et des diffuseurs jeune public.

19 avril à 14h30

À l'heure où les arts de la scène jeune public sont secoués par une remise en question de certains acquis sociétaux, les milieux de la danse, de la musique et du théâtre s'allient pour interroger leur présent et leur avenir. Afin de mieux comprendre la réalité des uns et des autres et pour favoriser un travail de concertation, cinq panélistes viennent dresser le portrait de leur champ d'action respectif.

Avec : 

  • Sandy Bessette - La Marche du crabe
  • Marie-Hélène Da Silva - Le Moulin à musique
  • Léa Fischer-Albert - Théâtre du Gros Mécano
  • Frédéric Lapierre - Odyscène
  • Sylvie Lessard - Rencontre Théâtre Ados
  • Stéphane Villeneuve - L'Arrière-Scène, centre dramatique pour l'enfance et la jeunesse en Montérégie

INFORMATIONS

MÉLANIE VIAU

Responsable des communications - Rencontre Théâtre Ados

450 687-5654
 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

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Histoire d’un champion : la RTA de Pier-Luc Funk

L’improvisation change des vies. Plusieurs acteurs professionnels vous le confirmeront : la pratique du match d’impro a transformé leur existence en mieux, leur donnant la confiance dont ils avaient besoin, le soutien d’une équipe sur qui on peut compter, l’envie de se dépasser et le goût de rester à l’école. La RTA a 20 ans, la LIRTA bientôt 15, et nous voyons désormais certains des jeunes participants d’autrefois fouler les planches et briller au petit et grand écran. Le comédien Pier-Luc Funk fait partie de ceux-là. Le joueur étoile de la LIRTA est devenu joueur émérite à la LNI et a fait sa place au sein du milieu artistique professionnel. La RTA est très fière de lui avoir procuré l’une de ses premières tribunes. Rencontre avec un champion.

Quel genre d’ado étais-tu?

J’étais un ado un peu turbulent. Au primaire, j’étais tannant! Je n’avais pas d’habiletés particulières, j’étais juste dérangeant! Au secondaire, j’étais inscrit à Georges-Vanier dans le programme de comédie musicale. Là, j’étais encore tannant, mais je commençais à développer des habiletés et à me défouler quand j’avais l’occasion de performer. Je pense que les profs aimaient me haïr. J’étais comme le méchant sympathique dans une série : tu l’aimes bien, mais ce n’est pas ton chouchou.

Tu es un personnage récurrent de la Rencontre Théâtre Ados. Comment la RTA a-t-elle changé ta vie?

La RTA a fait en sorte que j’ai pu me définir. À l’adolescence, tout le monde cherche sa place. J’ai trouvé la mienne quand j’ai commencé à faire de l’impro : ça a ajusté mes cadrans et je me suis trouvé là-dedans. J’aimais ça et le monde aimait ce que je faisais. C’est à ce moment-là que je suis devenu celui que je suis aujourd’hui. L’impro pour moi, ç’a été le déclic. Quand on pense aux légendes du sport - quand mes parents me parlaient de Maurice Richard ou dans les documentaires sur Mohamed Ali par exemple -, il y a toujours un tournant dans leur vie qui a fait en sorte qu’ils n’auraient rien pu faire d’autre que ce qu’ils ont fait. Je ne suis pas en train de dire que je suis une légende là! C’est seulement que la RTA ça été mon déclic, c’est là où j’ai pu performer, c’est là où j’ai eu envie de me donner, là où c’est devenu important et où ma passion est devenu mon carburant.

Quel est ton plus beau souvenir de la RTA?

La première fois où on a gagné la Coupe Champlain. C’est un des plus beaux moments de mon adolescence. On a gagné deux fois. On était une équipe qui jouait pour avoir du fun. On ne s’en rend pas toujours compte quand on est en train de créer quelque chose d’important. À ce moment-là, on accomplissait quelque chose de beau : je me disais qu’on était en train de créer un souvenir. Trois ans plus tôt, on ne savait pas c’était quoi une mixte, on n’avait pas de logos sur nos chandails, et puis là on avait un logo et le nom de notre équipe gravé à tout jamais sur le trophée!

À part la RTA, qui a le plus influencé ton parcours d’acteur?

C’est ma mère. Un jour, elle m’a demandé ce que je voulais faire dans la vie. Au début, je voulais jouer au hockey, parce que tous mes amis jouaient au hockey. Alors elle m’a inscrit dans un club. Je n’étais pas vraiment bon! Dans ce temps-là, j’étais fan de la série Dans une galaxie près de chez vous, avec Stéphane Crête, qui jouait Brad. Je le regardais à la télé et j’avais envie d’être comme lui. Alors, j’ai dit à ma mère que j’aimerais faire de la télé et elle m’a inscrit dans une école de théâtre, puis dans une agence de distribution, et elle est allée me reconduire à tous mes tournages. Elle a toujours été là. Je pense que, même si j’avais voulu faire du scrapbooking toute ma vie, elle m’aurait encouragé et m’aurait soutenu. Mes parents sont les personnes qui m’ont apporté le plus de soutien. C’est la réponse classique, mais je suis convaincu d’avoir les meilleurs parents.

Qu’est-ce que tu dis aux ados que tu rencontres et qui te confient vouloir faire la même chose que toi?

Faire comme moi, ça ne veut pas dire faire de l’impro, ça veut dire faire ce que tu aimes dans la vie et te donner à faire ce que tu veux faire dans la vie. Le conseil s’applique à tous les domaines : si c’est ça que tu veux faire, fais-le à 100%. Et si tu veux faire de l’impro, va en voir, joue, observe les styles de jeu le plus possible.

Qu’est-ce que tu souhaites à la RTA pour les 20 prochaines années?

Si l’impact que la RTA a eu sur moi peut être reproduit sur d’autres ados, c’est le plus beau des scénarios. La RTA l’a déjà fait, elle a les moyens de continuer à le faire. Plus ça fait des vagues, plus ça touche de gens, mieux c’est!

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Petite histoire d'un grand projet de médiation

Le match d’improvisation a mainte fois prouvé sa pertinence en matière d’initiation aux arts de la scène et de démocratisation de la culture. Convivial, rassembleur et participatif, ce spectacle est devenu au fil du temps le rendez-vous de la créativité pour plusieurs joueurs amateurs. En pleine célébration des 20 ans de la RTA, il allait de soi de raconter la petite histoire de la ligue opérée par la RTA depuis bientôt 15 ans, la LIRTA.

La Coupe Champlain

En 2002, le Club de Bienfaisance Champlain de Laval, qui s’occupait depuis plus de 25 ans d’une ligue d’improvisation étudiante dans les écoles secondaires lavalloises cesse ses activités en les léguant à la RTA. François Hurtubise, directeur général de la RTA à cette époque, y voit une occasion de poursuivre de plus belle la mission de l’organisme en provoquant de nouvelles rencontres avec les ados grâce à l’improvisation. Il fait donc appel à deux jeunes entraîneurs d’équipe, Simon-Pierre Lambert et Sébastien Renaud. Passionnés d’improvisation, les deux comparses qui souhaitaient ardemment la continuité des activités de cette ligue en deviennent les coordonnateurs. C’est ainsi qu’est née la Ligue d’improvisation de la Rencontre Théâtre Ados, la LIRTA. Dès la première année, 10 écoles de la région prennent part aux matchs dont la finale a lieu pendant le Festival. Devenue au fil des ans la plus grande ligue d’improvisation du Québec pour les jeunes du secondaire, la LIRTA tient ses lettres de noblesse de par la qualité de ses formations, de son encadrement ainsi que par l’énergie, le talent et l’imagination débordante des adolescents qui la font rayonner.

 “Quand l’improvisation est arrivée dans ma vie, ça a ajusté mes cadrans. 

Je me suis trouvé là-dedans.”

– Pier-Luc Funk, comédien

Persuadée que l’improvisation a un rôle à jouer dans la persévérance scolaire et dans l’essor de la créativité des ados, la LIRTA souhaite rejoindre de plus en plus d’étudiants du secondaire et augmente ses rangs en 2011. Aujourd’hui, c’est 350 jeunes qui l’animent! La Ligue compte désormais 44 équipes constituées en deux ligues – la Ligue B, pour les joueurs de secondaire 1 et 2, et la Ligue A pour les 3, 4 et 5 – et séparées en 4 divisions. Plus de 350 matchs sont joués chaque année à la LIRTA. Depuis la constitution de la Ligue, la RTA organise les séries éliminatoires et la grande finale de la Coupe Champlain dans le cadre de son Festival de théâtre de création et honore les joueurs et les équipes au cours d'une cérémonie de clôture à la Maison des arts de Laval. Est également disputé lors de cette fin de semaine d'improvisation endiablée le très couru match des étoiles! Cette année, rendez-vous les 22 et 23 avril à la Maison des arts pour assister à ces événements très courus!

Tous les renseignements au lirta.ca.

Vous avez joué à la LIRTA et l’impro a changé votre vie? Partagez votre expérience en nous écrivant!

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